Contexte

Contexte

La plateforme baptisée « FOREL » souhaite honorer François-Alphonse Forel, le pionnier de l'étude des lacs et père fondateur de la limnologie. Cette science s’est développée depuis le 20ème siècle. Elle consiste à étudier et à comparer les lacs entre eux. Outre ce lien thématique, cet hommage est aussi géographique puisque François-Alphonse Forel est originaire de Suisse où il a passé la majeure partie de sa vie.
Publication « François Alphonse Forel and the oceanography of lakes »

« FOREL » consacre l’essentiel de ses activités à la recherche océanographique côtière des régions polaires et subpolaires.

 

Formation de jeunes marins

LA FORMATION DES JEUNES GÉNÉRATIONS CONSTITUANT UN OBJECTIF ESSENTIEL DE L’ASSOCIATION FOREL HÉRITAGE, LA PLATEFORME «FOREL» A AUSSI POUR MISSION DE FORMER DE JEUNES MARINS ET SCIENTIFIQUES AUX DÉFIS DES RÉGIONS POLAIRES ET SUBPOLAIRES, AVEC UNE ATTENTION PARTICULIÈRE À LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ.

Historique

Avant de devenir le voilier de recherche FOREL, le navire était connu sous le nom de Paratii II, un voilier d’expédition brésilien conçu pour des voyages de longue durée dans certaines des mers les plus reculées et exigeantes de la planète. Construit en 2000, ce navire en aluminium de 28 mètres a été conçu par le cabinet d’architecture navale Bouvet & Petit, en étroite collaboration avec Amyr Klink et Thierry Stump. Dès le départ, Paratii II était destiné à être un véritable navire d’expédition capable d’opérer de manière autonome dans des conditions extrêmes, aux hautes latitudes et dans l’océan Austral.

Paratii 2 en environnement polaire

Le cahier des charges défini par Amyr Klink était à la fois visionnaire et audacieux pour l’époque. Inspiré par des siècles de connaissances maritimes empiriques, Klink les a adaptées à un yacht d’expédition moderne. Les concepts clés comprenaient une excellente manœuvrabilité, l’utilisation de mâts ballestron, et une coque large au tirant d’eau faible. Ces choix allaient à l’encontre des tendances en matière de conception de yachts à l’époque, mais l’expérience et l’intuition de Klink ont démontré leur pertinence sur un véritable navire hauturier. La forme de la coque permettait également au bateau de s’échouer intentionnellement, un avantage stratégique pour les opérations dans des environnements côtiers et polaires isolés.

Commandé par Amyr Klink comme successeur de son précédent navire Paratii, Paratii II incarnait sa philosophie : préparation minutieuse, simplicité, robustesse et respect de la mer. Sa construction en aluminium, la redondance de ses systèmes et la solidité de sa structure le rendaient particulièrement adapté aux eaux polaires, aux longues traversées océaniques et aux périodes prolongées sans soutien externe.


Pendant plus de deux décennies, sous le commandement de Klink, Paratii II a réalisé de nombreuses expéditions majeures, notamment des voyages répétés en Antarctique, des circumnavigations de l’océan Austral et des séjours prolongés dans des régions isolées. Le navire a servi non seulement de moyen d’exploration, mais aussi de plateforme pour l’observation, l’éducation et la transmission, jouant un rôle central dans les livres, conférences et actions de sensibilisation d’Amyr Klink, contribuant à faire connaître les enjeux polaires et océaniques à un large public.


Paratii 2, une plateforme d'exploration et d'observation polaire

En 2022, le navire a entamé un nouveau chapitre de son histoire lorsqu’il a été acquis par la Fondation Polaire Suisse. En 2024, la propriété a été transférée à l’association Forel Héritage, marquant définitivement sa conversion en navire scientifique sous le nom FOREL. Après une refonte complète, il soutient désormais des missions scientifiques multidisciplinaires dans les régions polaires et subpolaires. Bien que sa mission ait évolué de l’exploration vers la recherche, FOREL repose toujours sur les concepts de conception originaux définis par Amyr Klink, dont la pertinence et l’efficacité restent évidentes dans les performances actuelles du navire.

Aujourd’hui, FOREL est équipé d’instruments scientifiques de pointe, incluant un CTD avec rosette, un système FerryBox pour des mesures physico-chimiques continues et des prélèvements d’eau, ainsi qu’un treuil équipé d’un câble permettant des opérations d’échantillonnage jusqu’à 1 000 mètres de profondeur. Des laboratoires dédiés (humide, sec et propre) et des espaces de travail ont été installés à bord. Des surfaces de travail, hottes, unités à flux laminaire, système de production d’eau Milli-Q, congélateurs et armoires chimiques permettent d’accueillir du matériel supplémentaire que les scientifiques peuvent installer dans le cadre des projets de recherche à bord.

Pour le futur, il est prévu d’équiper le treuil d’un câble électro-optique, afin d’étendre encore les capacités d’acquisition de données. Ce câble devrait être installé d’ici fin 2026 et opérationnel en 2027.